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Cors chez les personnes âgées : pourquoi deviennent-ils plus problématiques après 65 ans ?

18/12/2025
Cors chez les personnes âgées : pourquoi deviennent-ils plus problématiques après 65 ans ?
Cors chez les seniors : risques de chute multipliés par 4 à 9. Suivi recommandé toutes les 2-3 semaines pour préserver l'autonomie

Saviez-vous qu'entre 20 et 40% des personnes de plus de 75 ans souffrent de problèmes podologiques qui affectent directement leur équilibre et leur autonomie ? Les cors aux pieds, loin d'être une simple gêne esthétique, représentent un véritable enjeu de santé pour nos aînés, augmentant significativement leur risque de chute. Face à ces défis spécifiques du vieillissement, l'expertise de Cindy Favaro, pédicure médicale à Ransart et La Louvière, s'appuie sur une approche holistique combinant soins techniques et écoute attentive pour préserver la mobilité des personnes âgées.

  • Ce qu'il faut retenir :
  • Un cor non traité multiplie par 4 à 9 le risque de chute chez les personnes âgées (particulièrement chez les diabétiques et les arthrosiques), sachant qu'une chute sur dix entraîne une fracture grave
  • Le test « Timed Up and Go » permet d'identifier un risque de chute : si votre proche met plus de 14 secondes pour se lever, marcher 3 mètres et revenir s'asseoir, une consultation podologique préventive s'impose
  • Un suivi podologique toutes les 2-3 semaines chez les personnes âgées permet de détecter 76% de lésions non signalées et de réduire de 13% l'incidence annuelle des chutes
  • Pour les diabétiques : ne jamais tenter de soigner soi-même un cor (risque d'amputation multiplié par 8), car 20 à 25% d'entre eux développeront une plaie du pied au cours de leur vie

Le vieillissement naturel du pied favorise l'apparition de cors douloureux

Après 65 ans, la peau des pieds subit des transformations importantes qui la rendent particulièrement vulnérable aux compressions et irritations. Cette peau s'amincit progressivement, se déshydrate et perd sa barrière protectrice naturelle. La trame fibreuse sous-cutanée, normalement souple et élastique, devient rigide et déshydratée.

Ces modifications physiologiques créent un terrain propice aux cors, qui deviennent non seulement plus fréquents mais aussi plus intenses et douloureux. Par exemple, une dame de 78 ans qui portait autrefois ses chaussures préférées sans problème peut désormais développer des cors après seulement quelques heures de marche, là où sa peau amincie ne peut plus résister aux pressions répétées.

L'atrophie du capiton plantaire chez les personnes âgées amplifie le problème

Le capiton plantaire, ce coussin de graisse naturel sous le pied qui absorbe les chocs à chaque pas, s'atrophie de manière irréversible avec l'âge. Cette fonte graisseuse naturelle entraîne une diminution drastique de l'amorti du pied, créant un contact plus direct entre les os métatarsiens et le sol.

Les personnes concernées décrivent souvent avoir l'impression de "marcher sur leurs os", sensation particulièrement désagréable qui favorise l'apparition de cors douloureux sous les têtes métatarsiennes. Cette atrophie touche environ 80% de la population au moins une fois dans sa vie, mais devient particulièrement problématique après 65 ans, quand le processus de régénération tissulaire ralentit considérablement.

À noter : Si vous ressentez cette sensation de "marcher sur vos os", c'est le signe que votre capiton plantaire s'est aminci. Des soins spécialisés pour les cors et durillons associés à des semelles orthopédiques peuvent considérablement améliorer votre confort de marche et prévenir l'aggravation des cors existants.

Les cors modifient dangereusement la marche des personnes âgées

Face à la douleur causée par un cor, le corps adopte instinctivement des stratégies de compensation pour éviter la compression de la zone douloureuse. Ces modifications de la marche, bien qu'elles soulagent temporairement la douleur, perturbent profondément l'équilibre général.

La personne âgée va naturellement modifier sa façon de poser le pied, créant des appuis compensatoires pathologiques. Plus inquiétant encore, elle peut passer d'une stratégie d'équilibration normale utilisant la cheville à une stratégie de hanche, beaucoup moins efficace et plus coûteuse en énergie. Cette adaptation inadéquate augmente considérablement le risque de chute.

L'impact mesurable sur le risque de chute des personnes âgées

Une étude menée dans 15 EHPAD des Pays de la Loire entre 2014 et 2016 a démontré une baisse de 13% de l'incidence annuelle des chutes chez les résidents bénéficiant de soins podologiques réguliers. Ces chiffres parlent d'eux-mêmes : les cors non traités représentent un facteur de risque majeur pour la sécurité des personnes âgées.

En Belgique, les données sont tout aussi préoccupantes : en 2021, 13% des résidents de maisons de repos avaient chuté au cours du mois précédent. Plus alarmant encore, 2 à 4 personnes sur 10 de plus de 65 ans vivant à domicile chutent au moins une fois par an, et cette proportion atteint une personne sur deux à partir de 65 ans. Les chutes représentent une cause majeure de décès chez les personnes de plus de 60 ans, avec environ une chute sur dix se soldant par une fracture de la hanche ou une autre lésion grave (environ 12 000 décès de personnes âgées sont associés chaque année en France à une chute, représentant 28% des causes de décès chez les personnes de 60 ans ou plus selon l'European Injury Database).

Exemple concret : Madame Durand, 74 ans, souffrait d'un cor sous le 3ème métatarsien droit depuis plusieurs mois. Lors d'une évaluation podologique, le test « Timed Up and Go » a révélé qu'elle mettait 16 secondes pour se lever de sa chaise, marcher trois mètres, se tourner et revenir s'asseoir - alors que le seuil critique est de 14 secondes. Ce simple test a permis d'identifier un risque de chute élevé. Après trois séances de soins podologiques pour traiter le cor et la mise en place d'orthèses plantaires sur mesure, son temps s'est amélioré à 11 secondes, réduisant considérablement son risque de chute.

Les fragilités cumulées compliquent la prise en charge des cors

Un patient sur trois de plus de 75 ans en Belgique est en situation de polymédication, prenant cinq médicaments ou plus quotidiennement (en institution, les résidents prennent en moyenne 9 médicaments par jour, sans compter les prises parfois multiples pour un même médicament). Cette réalité multiplie les risques : certains médicaments altèrent l'équilibre et la vigilance, tandis que d'autres peuvent modifier la sensibilité des pieds ou ralentir la cicatrisation. L'introduction récente d'un nouveau traitement (moins de 15 jours) doit faire l'objet d'une vigilance accrue concernant le risque de chute, et la prescription de psychotropes chez des sujets âgés traités simultanément par anti-hypertenseurs majore significativement le risque de chute et de troubles cognitifs.

Le diabète représente un cas particulièrement complexe. La neuropathie diabétique, qui peut toucher jusqu'à 50% des personnes diabétiques, réduit la sensibilité des pieds. À un stade avancé, la neuropathie périphérique entraîne une faiblesse musculaire, un manque de coordination et une diminution de la sensibilité qui rend difficile la perception du sol et des obstacles, rendant les déplacements moins sûrs. Un cor peut ainsi devenir moins douloureux mais paradoxalement plus dangereux, car il n'alerte plus la personne du problème. Sans traitement approprié, un simple cor peut évoluer vers une infection chronique, voire nécessiter une amputation dans les cas les plus graves (en France, près de 10 000 amputations sont dues aux complications du diabète - première cause d'amputation non traumatique - le risque d'amputation est 8 fois plus élevé chez les diabétiques, et 20 à 25% des personnes diabétiques développeront une plaie du pied au cours de leur vie).

Conseil important : Après ajustement sur différentes variables, le risque de chute en cas de dépression est multiplié par 6 pour les sujets polymédicamentés, par 9 pour les sujets arthrosiques et par 4 pour les diabétiques ou les sujets souffrant de pathologies cardiovasculaires. Si vous ou votre proche cumule plusieurs de ces facteurs de risque avec la présence de cors, une consultation podologique urgente s'impose pour prévenir les complications.

L'importance cruciale d'un suivi podologique adapté pour les cors des personnes âgées

La Haute Autorité de Santé recommande des visites préventives régulières chez le pédicure-podologue pour toute personne de plus de 60 ans, même sans symptômes apparents. La fréquence idéale se situe généralement toutes les 2 à 3 semaines, en fonction de la repousse des ongles et de l'état général des pieds.

Pour les personnes diabétiques, le suivi devient encore plus crucial avec un examen annuel minimum, pouvant aller jusqu'à 4 à 8 séances selon le grade de risque podologique. Le pédicure-podologue ne se contente pas de traiter les cors existants : il diagnostique les troubles de la marche et de l'équilibre, prescrit des orthèses plantaires sur mesure et éduque la personne âgée ainsi que ses aidants à la surveillance quotidienne des pieds. Lors des consultations, le professionnel identifie souvent des problèmes non mentionnés comme motif initial : lésions (76% des cas), douleurs (55%), troubles des appuis plantaires (37%), difficultés de marche (55%) et pertes d'équilibre (25%).

Les gestes préventifs essentiels contre les cors chez les personnes âgées

La prévention des cors passe d'abord par le choix de chaussures adaptées : souples sur le dessus, assez larges, sans coutures internes susceptibles de créer des frottements. Les talons doivent être limités à 3-4 cm maximum pour éviter l'excès de pression sur l'avant-pied.

L'hygiène quotidienne joue également un rôle fondamental dans la prévention des cors chez les personnes âgées :

  • Laver les pieds quotidiennement au savon doux et bien les sécher, particulièrement entre les orteils
  • Appliquer une crème hydratante adaptée après le séchage pour maintenir la souplesse cutanée
  • S'assurer que les pieds sont parfaitement secs avant d'enfiler les chaussures
  • Traiter les cors dès les premiers signes, sans attendre qu'ils deviennent douloureux
  • Pour les personnes diabétiques ou souffrant d'artériopathie, ne jamais tenter de soigner soi-même un cor

Les soins à domicile représentent une solution particulièrement adaptée pour les personnes à mobilité réduite. Au tarif de 30€ en 2025, ces interventions permettent de maintenir une qualité de soins optimale dans l'environnement familier de la personne âgée.

L'accompagnement personnalisé fait toute la différence

Prenons l'exemple de Monsieur Martin, 82 ans, qui souffrait de cors récurrents sous l'avant-pied. Après plusieurs chutes inquiétantes, sa famille a compris que ces "simples" cors modifiaient dangereusement sa démarche. Un suivi régulier toutes les trois semaines, associé à des semelles orthopédiques sur mesure, lui a permis de retrouver une marche stable et sécurisée.

Face aux défis spécifiques des cors chez les personnes âgées, l'expertise de Cindy Favaro combine technicité médicale et approche bienveillante pour préserver l'autonomie de nos aînés. Forte de 28 années d'expérience en soins de santé et formée en réflexologie plantaire, elle propose des soins complets adaptés aux besoins particuliers des pieds vieillissants, incluant le traitement des cors, la prescription d'orthèses et l'éducation thérapeutique. Si vous ou l'un de vos proches résidez dans la région de Ransart, La Louvière ou les environs de Charleroi et Binche, n'attendez pas qu'un simple cor devienne un risque pour votre sécurité : une prise en charge précoce et régulière peut faire toute la différence pour maintenir votre mobilité et votre qualité de vie.